Le marketing sous l'emprise de nos sens (Marianne, n° 524-525, du 9 au 18 mai 2007, page 98-101)
Anne-Sophie Michat m'avait interrogé pour cet article qui paraît cette semaine dans Marianne. J'y retrouve une partie des propos que j'ai tenu avec cette journaliste. Je tiens à apporter une précision concernant un passage :
[...] pour Bruno Daucé,
[...] pour Bruno Daucé,
les études qui existent ne sont pas crédibles scientifiquement, c'est du bricolage. Elles font juste plaisir au fabricant et au client.
Dans mon esprit il est clair que je ne mets pas sur le même plan les études menées selon des méthodes expérimentales et les études bricolées par certains avec trois francs six sous pour faire passer au client une facture un peu élevée. Si l'on ne s'en donne pas les moyens, le marché du sensoriel aura beaucoup de mal à se développer, en particulier dans le domaine de la diffusion de senteurs d'ambiance. Les fabricants de diffuseurs et leurs clients doivent pouvoir s'appuyer sur des laboratoires universitaires ou bien sur des sociétés spécialisées dans le domaine de l'analyse sensorielle comme Eurosyn ou Adriant. Trop souvent le reste n'est que poudre aux yeux pour des clients que l'on prend pour des gogos et qui très (trop) rapidement succomberont à une nouvelle mode. Si l'on prend le cas de la diffusion de senteurs d'ambiance, combien d'opérations ponctuelles ont-elles été déclinées dans l'ensemble d'un réseau ? Très peu et c'est dommage. Il faut pouvoir prouver ce que l'on avance, et étudier le retour sur investissement de telles opérations demande du temps et des moyens. C'est pour cette raison que les clients ne doivent pas hésiter à intégrer dans leurs appels à projets une dimension étude afin de pouvoir conforter en interne et en externe les décisions prises. J'ai déjà participé à la rédaction de telles propositions d'études pour le compte de fabricants. Pour le moment sans succès auprès des clients. Pourtant, cette démarche est parfaitement admise en Amérique du Nord et certains de mes collègues se voient mettre à leur disposition des moyens dont je n'ose même pas rêver en France. Cela ne fait sans doute pas partie des habitudes des entreprises françaises que de faire appel à des laboratoires en sciences humaines. C'est dommage car un laboratoire universitaire n'a rien à vendre et il intervient en toute impartialité.
Le débat est lancé.
Le débat est lancé.