En dépit d'incertitudes liées à la participation de certains distributeurs (Libération, 16/09/2004), l'opération a su recueillir le soutien de la grande majorité des banques et des universités françaises. Ces dernières relaieront la campagne de communication du ministère auprès de leurs étudiants et accéléreront le déploiement des accès Wifi afin de pouvoir proposer aux étudiants ainsi équipés de nouveaux services : consultation des emplois du temps, consultation des notes, accès aux ressources numériques proposées par les bibliothèques universitaires... A terme, cette opération devrait pousser les universités à déployer les Espaces Numériques de Travail (ENT) actuellement développés par quatre groupes de projets pour répondre aux sollicitations des étudiants et à leurs nouvelles habitudes de travail. Ces ENT devraient introduire, à partir de 2007, les NTIC au coeur de l'université et permettre l'accès des étudiants et des enseignants à de nouveaux services : travail collaboratif, vie étudiante, mise à disposition et gestion de ressources numériques, bureau virtuel, etc.

Alors que d'après les chiffres du ministère seulement 8 % des étudiants possèdent un ordinateur portable ces ENT risquaient de ne pas connaître le succès escompté. En effet, tous les services actuellement envisagés reposent sur un mode d'accès en ligne. Ils font donc l'hypothèse que les étudiants n'auront aucun problème pour accéder au réseau. Nous en sommes aujourd'hui très loin. Devant l'ampleur du retard, le gouvernement n'avait d'autre choix que de favoriser l'équipement en ordinateur portable des étudiants. Certains, penseront que le gouvernement a trouvé là le moyen d'accélérer le mouvement en reportant la charge financière sur les étudiants. Peut-être, mais y avait-il d'autres solutions alors qu'il a déclaré internet d'utilité tout public. Equiper, comme le font certains départements pour certains lycéens, tous les étudiants d'un ordinateur portable aurait-il été possible et souhaitable ? On pourra également s'inquiéter de l'attitude des collectivités locales et régionales sans qui de nombreux projets d'équipement de salles informatiques ne pourraient être menés à bien. Continueront-elles à accorder leurs subsides aux universités ? Nous ne pouvons espérer qu'une chose, c'est que soit préservée l'égalité d'accès des étudiants à ces nouveaux outils.

Le détail du projet et des offres constructeurs sur le site de la délégation aux usages de l'internet : MIPE.